Vous souhaitez comprendre l’histoire du cœur ancien de la ville ? L’église Saint-Orens est l’un des plus anciens édifices de la commune. Construite en brique, elle conserve des éléments médiévaux remarquables et a joué un rôle central dans la formation de la commune.
Un édifice ancien au centre du village
L’église Saint-Orens, située place du Souvenir, est construite entièrement en brique foraine. Ses parties les plus anciennes datent du XIIIe siècle : le portail, ses moulures et ses chapiteaux sculptés appartiennent à cette période .
L’édifice a été en partie reconstruit aux XVe et XVIe siècles après un incendie lié aux guerres de Religion vers 1570. La nef, la voûte en berceau brisé, les arcs doubleaux et le clocher-mur datent de ces campagnes de travaux .
L’église présente une nef unique à trois travées et un chevet en cul-de-four légèrement brisé. Deux chapelles latérales complètent l’ensemble :
- au nord, une voûte à liernes et tiercerons (XVIe siècle),
- au sud, une voûte d’ogive (XVIIe siècle) .
Le lieu où la commune a été créée
L’église est le lieu où, en 1790, les représentants des trois hameaux ont décidé de former la commune de Saint-Orens-de-Gameville. Les délégués de Gameville, Lantourville et Cayras se sont réunis sous son porche le 3 avril 1790. La fusion a été officialisée le 31 décembre 1790. Cette étape fondatrice est rappelée sur le monument de la place du Marché.
Une architecture typique du Lauragais
L’église illustre l’architecture religieuse traditionnelle de la région :
- façade occidentale surmontée d’un clocher-mur à trois baies campanaires,
- portail en plein-cintre à triple voussure abrité sous un porche du XVIIIe siècle,
- chevet semi-circulaire animé de cinq arcs en plein-cintre et ouvert par trois baies en arc brisé .
L’intérieur est décoré de peintures murales représentant l’apothéose de Saint Orens dans le chœur et les allégories des Vertus dans la nef.
Mobilier et éléments remarquables
Une partie du mobilier ancien a disparu lors des travaux réalisés entre 1972 et 1983. Sont aujourd’hui conservés :
- un vitrail des instruments de la Passion signé André Rapp,
- un chemin de croix en céramique réalisé par Régis Vialaret,
- le vestige du retable ancien, réinstallé sous le porche après sa dépose.
Le cimetière ancien
Le cimetière, toujours en place au sud-est de l’église, possède un portail en ferronnerie orné d’un sablier et d’une couronne de pavots, symboles du temps et du repos éternel. Les tombeaux les plus anciens datent de la fin du XIXe siècle et présentent des décors mêlant brique claire, pierre, marbre et ferronnerie.
Saint Orens, une figure tutélaire
Saint Orens fut évêque d’Auch au Ve siècle. La tradition locale lui attribue un rôle lors des affrontements entre Romains et Wisigoths autour de Toulouse vers 438. Son nom reste associé à la protection des territoires ruraux.
Une légende locale
Selon la tradition orale, un entrepreneur, en retard dans la construction de l’église, aurait demandé l’aide du diable. Satan aurait presque achevé l’édifice avant le chant du coq. L’ouvrier réussit à faire chanter le coq juste à temps, laissant trois briques manquantes au sommet du clocher. Elles auraient été posées au XIXe siècle.
